Nous n’avons pas la même valeur !

visionLes premiers emplois du mot « valeur »  ou « valur » sont attestés en langue française dans la chanson de Roland (XIe siècle). Le mot signifie « ce qu’une personne est estimée pour son mérite, ses qualités » et s’emploie à propos de la qualité, de l’intérêt d’une chose, d’où « être propre à un certain usage ». Et ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que le mot s’emploie à propos du caractère mesurable d’une chose, d’un bien en tant qu’il est susceptible d’être échangé (valeur d’un bijou ; valeur marchande…).

Que nous apprend, comme à chaque fois, le dictionnaire de l’histoire  de la langue française d’Alain Rey ?

Eh bien que la valeur est avant tout liée à l’homme. C’est l’homme qui crée et qui a de la valeur ce ne sont pas les choses. A chaque fois qu’on s’éloigne de l’homme pour ne donner de la valeur qu’aux choses le système fonctionne un temps puis se satellise très loin de la réalité pour finir par exploser.

Pourquoi explose-t-il ?

Il est toujours très commode de se délester d’un nombre défini d’acteurs (forces de travail des hommes et des femmes) pour s’enrichir sur une multitude d’objets (tables,…). Le problème c’est quand on commence à trouver ces objets trop limitant. C’est le cas par exemple dans la première moitié du XVIIe en Hollande avec la crise des tulipes. On spécule alors sur des récoltes qui ne sont même pas semées. Résultat on met en danger toute l’économie dès qu’une conjoncture négative apparaît.

Mais alors qu’est-ce que la valeur ?

Si on s’en tient à la définition marchande classique on peut dire que la valeur c’est ce que des acteurs (les clients) trouvent suffisamment différenciant et attractif pour qu’ils l’achètent.

Si on veut aller un peu plus loin on peut dire qu’il y a deux façons plus ou moins négatives et deux positives d’augmenter la valeur.

Pour les deux premières il s’agit soit de « compresser les marges » des intermédiaires, soit d’augmenter la productivité. Pour les positives il s’agit soit d’augmenter la différence perçue et valorisée par le client soit de définir un projet collectif dans lequel chacun se reconnait.

Mais alors qu’est-ce que la valeur… durable ?

Pour répondre à cette question il faut d’abord définir ce qu’est « durable ». Comme on ne peut pas se développer et donc durer sans un environnement, des interactions qui nous complémentent et nous enrichit… on peut dire qu’une valeur durable ne se crée pas sans un contexte, un environnement favorable. Et pour qu’il le soit et le reste il faut que chacun puisse tirer une valeur suffisante pour vivre et se développer. En même temps ces ressources doivent se « gagner » dans un système économique concurrentiel. La seule solution constructive est donc de définir un projet qui tire tout le monde vers le haut afin que personne ne puisse le faire seul et que la valeur générée permette à chacun d’en vivre. Pour que ce système se pérennise il faut ensuite que chaque acteur soit interdépendant.